Importante forteresse du Moyen-âge, il devient château en 1259, demeure d’un noble fonctionnaire Royal pour fixer l’autorité du Roi de France en cette contrée.

 

Placé sur ce point dominant, il contrôlait toutes les vallées environnantes ainsi que la très fréquentée voie de Conques à Figeac (Chemin de Compostelle, Via Podiensis, la voie du Puy). 

 

Son nom lui-même en témoigne ; en effet Pagax s’orthographiait autrefois Pagas et aujourd’hui encore on le prononce « Pagasse ». « Pagas » (du latin Pagus, ressort fiscal, paiement, désigne un point de passage)  indique bien ce rôle de contrôle, de passage obligé et payant.

 

 

Au moyen-âge, il faisait partie du patrimoine de la famille de Montarnal et la chapelle "Saint Pierre" y fut fondée en 1327 par Hugues Hector de Montarnal, chanoine d'Elne.  

                                                                                                        

C'était une famille noble et puissante avec titre de baronnie qui apparaît dès l'an 1096 dans une charte de l'abbaye de Conques où est mentionné Gauzfred de Montarnal, participant à la première croisade entreprise sous le règne de Philippe Ier.

Cette famille a donné des combattants aux croisades et des bienfaiteurs à l'église.  Possèdant de nombreux biens, le château de Pagax faisait partie de leur patrimoine.

Au XVème siècle, Hugues de Montarnal, chef de la maison, avait marié sa fille Nine à Guillaume de Moret et substitué tous ses biens aux enfants mâles à naître de ce mariage.

Par suite de ces dispositions, après sa mort, son hérédité fut recueillie par Jean de Moret, son petit fils.

 

 

Le château de "Pagas" passe donc dans la famille de Moret, qui au fil des siècle prend une importance considérable en Rouergue et en Gévaudan.   

                                                                                                                                                      

Il est fait mention de cette famille dès l'an 962 puis 990 dans diverses chartes de l'abbaye de Conques.

Elle tirait son nom du lieu de Moret où elle a longtemps possèdé un château, mais elle faisait résidence au château de Pagax ou à Montarnal.

Bégon, un des membres de la famille était au XIème siècle l'abbé le plus puissant de Conques.  

Cette famille était connue par ses vastes possessions, par ses services et emplois militaires, par ses alliances distinguées qui lui donnaient des parentés avec les premières maisons du royaume. D'ailleurs, un seigneur de "Pagas" Henri Victor de Moret (1642-1704) avait du "sang royal", puisque sa grand-mère maternelle n'était  autre que Madeleine de Bourbon Malauze , descendante directe des rois de France , de Hugues Capet jusqu'à Saint-Louis. Dans leur généalogie on trouve écuyers, chevaliers de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, duchesses, commandeurs, colonels... 

Ils firent résidence le château de Pagax jusqu'en 1773.

 

 

Le château de Pagax fut donc vendu en 1773 au sieur Brunet ou Le Brunet de Paillez, qui était un grand acquéreur de biens nobles. Jacques Le Brunet , originaire de Conques, avait fait fortune à Paris en épousant une riche héritière décédée prématurément. 

Il avait acheté peu avant , le château de Privezac où il eût quelques soucis avec les paysans locaux peu avant la Révolution, lorsque la fronde montait dans les campagnes . Alors , quelques années plus tard, pour éviter le même scénario à "Pagas", il brûla lui-même ses titres féodaux, décapita les tours et fît descendre la girouette du château, emblème sûprème de la féodalité. 

 

 

Après cette période, on ne sait plus grand chose sur les habitants du château jusqu'au début du 20ème siècle , date à laquelle il était la propriété de la famille Solanet.  Il passa ensuite dans la famille Campargue vers 1925 à la suite d'une vente aux enchères.      

                                                                                                                

 

Depuis Juin 2005, nous sommes, mon épouse et moi-même, propriétaire du château de Pagax suite à un "coup de foudre" pour celui-ci, cette région et leurs habitants. C'est la réalisation d'un rêve et d'un "projet de vie" que d'ambitionner la restauration de ce château. Ce n'est que le début d'une aventure...